Zéro Déchet Le meilleur déchet, c'est celui qui n'existe pas !

Nos déchets ont une vie, et un impact, après avoir quitté nos poubelles. Zéro Déchet se mobilise pour le rappeler. Leur objectif est de faire évoluer nos mentalités et de promouvoir un mode de vie zéro déchet, zéro gaspillage dans l'Eurométropole. L'association mène un travail d'information et de sensibilisation, auprès des commerçants et des consommateurs, et intervient parfois auprès de la Ville afin de lui rappeler ses engagements.

Pourquoi ?

Chaque année, les Strasbourgeois jettent 463 kg de déchets, dont 254 kg d’ordures ménagères (les bacs bleus), qui sont – en temps normal – envoyées à l’incinérateur. Le processus d’incinération est polluant pour l’air, les sols et l’eau. Zéro Déchet Strasbourg propose la démarche zéro déchet, zéro gaspillage qui vise à réduire la production de déchets et à mieux valoriser ceux que l’on  produit.

Comment ça commence ?

En 2015, Simon travaille sur le chantier de désamiantage de l’incinérateur de Sénerval. Notre montagne de déchets se trouve juste sous ses yeux. Ca pue, ça pollue, il y a un nombre inquiétant d’oiseaux morts sur le site. Il connait déjà bien la structure Zéro Waste France, qui vise à réduire la production de déchets, et à mieux revaloriser ceux que l’on produit. Il décide alors de créer une antenne locale. En quête de collaborateurs, il rencontre Marie et Carole, qui gèrent chacune des projets personnels autour du mode de vie Zéro Déchet. Simon apporte son bagage d’expériences en politique, Marie est graphiste et soigne leur communication, Carole mobilise autour d’eux tout un petit réseau d’associations partenaires. A leur complémentarité s’ajoute l’appui de la structure nationale, et un excellent écho dans la presse. Zéro Déchet gagne rapidement en légitimité. Leur conférence de lancement, lors de la semaine de l’environnement organisée par Campus Vert, rencontre un franc succès. Petit à petit, une trentaine de bénévoles les rejoignent, avec comme objectif de faire évoluer les mentalités.

Leurs interventions

Sur leurs stands de sensibilisation, Zéro Déchet propose des recettes de cosmétiques ou produits ménagers fait maisons, mais également des « autopsies de poubelles », durant lesquelles ils invitent à porter un regard éclairé sur nos choix de consommation : quelle a été la vie de ce morceau d’aluminium, au fond de notre poubelle? Il aura d’abord été produit, à base de matières premières qui s’épuisent et à grand renfort d’eau et d’électricité. A présent il est devenu un déchet, soit destiné à l’incinérateur, si l’on s’est trompé de bac, où il contribuera à polluer notre atmosphère, soit, dans le meilleur des cas, destiné à être recyclé. Mais même là, son impact ne sera pas neutre. Car on y pense rarement, mais le recyclage, gourmand en ressources, peut aussi être polluant… « Le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas », tel est leur message.

Comment ça s’organise ?

Régulièrement, Zéro Déchet Strasbourg organise des sessions pour former ses bénévoles à devenir des ambassadeurs du Zéro Déchet. Les bénévoles s’organise ensuite autour de groupes de travail. Chacun peut décider de lancer un projet, soit en reprenant une campagne nationale, soit un projet spécifique à Zéro Déchet Strasbourg.

Le projet Stickers

Le groupe de travail de Dominique s’attaque aux emballages des commerces et de la restauration rapide : vous savez, tous ces petits sachets, papiers, boites qui emballent chacun de nos achats et finissent à la poubelle quelques minutes après leur achat ? Oui, on peut s’en passer, et choisir de faire ses courses avec ses propres emballages réutilisables. Encore faut-il y penser, et que les commerçants comprennent votre démarche. Zéro Déchet a donc planché sur un sticker à coller sur les vitrines des commerces, qui indique que cette pratique est encouragée. Certains vous feront même une réduction !

Le projet Cantines a permis d'économiser une tonne de déchets par an à Strasbourg. Ludivine et Fanny, les parents d'élèves qui ont tiré la sonnette d'alarme.

Le projet cantines

Zéro Déchet s’est associé à la démarche du collectif Projet Cantines lancé par Ludivine et Fanny, deux parents d’élèves, militant contre l’utilisation de barquettes en plastique dans les cantines, susceptibles de mettre en danger la santé des enfants. En effet, réchauffé, le plastique est susceptible de dégager des substances nocives, dont des perturbateurs endocriniens. Si Zéro Déchet a rallié le Projet Cantines, c’est que ces barquettes en plastique jetable représentaient également une tonne de déchets par an (!). En juin de cette année, ils obtiennent gain de cause : la Ville profitera du renouvellement du marché de la restauration collective pour remplacer les barquettes en plastique par des contenants en inox (à noter, la mise en place de cette mesure prendra jusqu’à 4 ans). Une belle victoire, qui fait de Strasbourg la première grande ville de France à adopter ce principe de précaution dans les cantines scolaires, et que déjà, elle en inspire d’autres.

L'équipe des défis foyers accompagnera 22 foyers strasbourgeois vers la réduction de leurs déchets

Le défi foyers

Le 30 septembre, c’est le lancement des défis foyers, un projet porté par Zéro Déchet, et financé par l’Eurométropole. Il s’agit d’un accompagnement personnalisé sur deux ans de 22 foyers Strasbourgeois vers la réduction de leurs déchets. Objectif : 30% d’ordures ménagères en moins !

incinérateur de Sénerval

L’incinérateur

Le travail de Zéro Déchet ne s’arrête pas à la sensibilisation des citoyens. C’est également au niveau de la collectivité que le collectif souhaite faire bouger les lignes, en poussant la Ville à aller plus loin dans sa politique des déchets. Strasbourg est lauréate des appels à projets « Villes respirables en 5 ans » et « territoire zéro déchet, zéro gaspillage » lancés dans le cadre de la politique nationale de transition énergétique. Mais dans la pratique, il y a quelques contradictions qui font encore grincer des dents, et Zéro Déchet n’hésite pas à les pointer du doigt, pour encourager la ville à se diriger plus rapidement vers un nouveau modèle. L’incinérateur de Sénerval est leur plus grand cheval de bataille. En surcapacité de 50% par rapport aux besoins de l’Eurométropole, il est en décalage total avec les engagements de la Ville en terme de réduction des déchets ET de qualité de l’air. Actuellement à l’arrêt, Zéro Déchet y voit une opportunité pour que le nombre de fours soit revu à la baisse lors de sa reconstruction.

Rédigé par Sarah, avec l'aide de Camille et Simon (Zéro Déchet)

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