Strasbourg (les fleurs) ça pousse, mais pas les légumes ?

Salut,

Aujourd’hui je te parle de mon expérience perso concernant Strasbourg ça pousse! : un véritable ascenceur émotionnel !

Je t’expliquais dans cet article, les principe de Strasbourg ça pousse! et ses enjeux : la réappropriation des quartiers par les habitant-es pour végétaliser la ville.
Ce qui m’intéressait particulièrement, c’était l’opportunité de créer un potager partagé en permaculture dans mon quartier.
L’idée que chacun puisse se réapproprier l’espace public, pour y planter, certes des fleurs, mais surtout des légumes et autres plantes comestibles, était à mes yeux quasi-révolutionnaire : elle offrirait à chacun l’opportunité de pratiquer la culture potagère près de chez eux, développer ses connaissance en échangeant avec d’autres dans leur quartier, et avancer à petit pas vers une forme d’autonomie alimentaire.

On entend de plus en plus parler d’une volonté de développer des villes autosuffisantes en alimentation. Albi, par exemple, s’est fixé comme but de devenir autosuffisante en alimentation à l’horizon 2020 avec trois objectifs : réduire l’impact carbone lié aux transports de marchandise, sécuriser les approvisionnements en cas de crise alimentaire et s’assurer une meilleure qualité des produits consommés.

Strasbourg ça pousse offrait donc la perspective d’une véritable petite révolution dans ce domaine, s’inscrivant dans la lignée des Incroyables Comestibles.

Pleine d’enthousiasme, j’ai donc tout naturellement créé un dossier dans le but de présenter mon projet de « jardin ouvert » en permaculture que j’aurais souhaité instaurer à la Petite France, dans lequel j’expliquais les enjeux humains, écologiques et économiques d’un tel jardin.

Au bout de quelques mois, une paysagiste me contacte pour étudier ma demande sur le terrain. Le terrain en fait, c’est le petit bout d’herbe calé entre le trottoir et l’école Finkwiller.
Rapidement, elle m’annonce que si mon projet est louable, les permissions accordées aux cultures alimentaires sont difficilement obtenables. Et quelques mois plus tard, ma demande est refusée.

La Ville justifie ce refus par les enjeux sanitaires : dans le cas d’une intoxication alimentaire, la Mairie délivrant les autorisations pour Strasbourg ça pousse porterait la responsabilité. Et voilà que les soucis administratifs viennent gâcher tout le potentiel d’un beau projet…
Alors quoi, on pourrait acheter en supermarché des poivrons blindés de pesticides, mais cultiver des légumes en permaculture en bas de chez soi poserait un risque sanitaire ?

Certes, la Ville m’a proposé, en échange, de me rendre dans un jardin en permaculture déjà existant à Koenigshoffen. Mais l’objectif, c’est de multiplier ces types d’espaces, pas de s’entasser dans quelques uns… non ?

Je reste convaincue qu’on ne doit pas en rester là, et qu’il nous faut multiplier les demandes pour des jardins à visée alimentaire afin d’encourager la Ville à assouplir sa politique.

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